J'écoute : chris garneau
Je regarde : et je ne vois pas ce que je montre
Je lis : un manuel d'origami
Je joue : à qui perd gagne
Je mange : christophe honoré
Je bois : du sencha
Je cite : "je ne t'aime plus, même de ces mots là, un jour je n'en aurai plus besoin"
Je pense : que j'ai tort de croire que je ne pense pas quand je danse
Je rêve : que je me repose
(mis à jour jeudi 17 avril 2008 à 12:25)

30/11/2007

30/11/07 - 17:57





La nuit parfois ravive une plante singulière dont la
lueur décompose les chambres meublées en massifs
d'ombre.
Sa feuille d'or tient impassible au creux d'une colon-
nette d'albâtre par un pédoncule très noir.
Les papillons miteux l'assaillent de préférence à la
lune trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aus-
sitôt ou vannés dans la bagarre, tous frémissent aux
bords d'un frénésie voisine de la stupeur.
Cependant la bougie, par le vacillement des clartés
sur le livre au brusque dégagement des fumées origi-
nales encourage le lecteur, - puis s'incline sur son
assiette et se noie dans son aliment.


F. Ponge

commentaires

30/11/07 - 18:19

La madeleine pénitente de Georges de La Tour

30/11/07 - 18:25

oui, c est doux.

01/12/07 - 23:38

Beau choix que celui de de La Tour pour illustrer ces vers de Ponge. Et de la chambre à l'horizon, de Ponge à Jaccottet, la lueur de la flamme brûlant l'huile :

«L'aurais-je donc inventé, le pinceau du couchant
sur la toile rugueuse de la terre,
l'huile dorée du soir sur les prairies et sur les bois ?

C'était pourtant comme la lampe sur la table avec le pain. »

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